L'absorbtion du CO2 par les océans semble diminuer

Article rédigé le Lundi 21 Mai 2007 par agatefrance
 
 
C'est une des principales incertitudes des climatologues. Comment le réchauffement va-t-il influer sur la capacité de la biosphère et des océans à absorber le dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique ? Une équipe internationale de chercheurs apporte, vendredi 18 mai dans la revue Science, des éléments de réponse peu rassurants à cette question.

Selon les données expérimentales publiées - les premières du genre -, l'océan Austral, principale "éponge à carbone" de la planète, voit son efficacité se réduire sensiblement depuis près de trente ans. Au lieu de croître dans les mêmes proportions que la concentration atmosphérique en CO2 - comme c'était attendu -, sa capacité à absorber le principal responsable de l'effet de serre stagne. Entre 1981 et 2004, ce sont ainsi 8 millions de tonnes de carbone qui, chaque année, se sont accumulées dans l'atmosphère au lieu d'être dissoutes et durablement stockées dans cette région océanique.

Actuellement, environ la moitié des émissions humaines sont absorbées par les océans et la biosphère. "Et l'océan Austral représente à lui seul environ 15 % de tous les puits de carbone naturels", explique Corinne Le Quéré (Max Planck Institut für Biogeochemie, University of East Anglia), principal auteur de l'étude. C'est donc, pour schématiser, l'équivalent de la moitié des émissions de l'Union européenne qui y sont absorbées chaque année.

RÉGIME DES VENTS MODIFIÉ

Les causes de cette saturation en CO2 sont à chercher dans l'accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, mais aussi dans la raréfaction de l'ozone stratosphérique. Ces deux conséquences des activités humaines modifient en effet le régime des vents sur l'océan Austral : ils y soufflent plus violemment et y brassent plus efficacement les eaux de surface avec les eaux profondes. Or celles-ci sont plus denses et le CO2 s'y dissout moins aisément. "Il est difficile de prévoir l'évolution du puits de carbone de l'océan Austral, mais il est très vraisemblable que son efficacité ne remontera pas dans les vingt-cinq prochaines années", dit Mme Le Quéré.

Les chercheurs estiment que les puits de carbone naturels tendent globalement à se réduire avec le réchauffement. Mesurer et prévoir leur évolution revêt une importance cardinale. "La manière dont ils vont réagir au réchauffement est aussi importante pour les prévisions à la fin du siècle que les scénarios de développement économique de l'humanité", précise Michel Ramonet, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, coauteur de ces travaux.

"L'autre principal puits de carbone océanique est l'Atlantique nord, ajoute M. Ramonet, mais nous manquons de données pour déterminer son évolution." Ailleurs, dans l'océan Tropical, l'augmentation des températures de surface réduit l'activité du phytoplancton. Celui-ci fixe donc moins de carbone atmosphérique par photosynthèse. Là encore, ce processus tend à réduire la capacité des océans à éponger les émissions humaines de gaz à effet de serre.

Sources : Le Monde.fr
Mots clés : actualite, meteo
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