Capture du CO2 présent dans l'air : ça avance!

Article rédigé le Lundi 6 Octobre 2008 par agatefrance
 
 
L'Université de Calgary travaille actuellement sur un procédé qui permettrait la capture du dioxyde de carbone dans l'air. Cette technologie pourrait être appliquée en n'importe quel endroit du monde.

"A première vue, capturer le C02 de l'air la où il est concentré à 0,04% semble absurde, alors que nous commençons juste à le capter de façon rentable directement sur les centrales, là où il est présent à une concentration de plus de 10%", explique Keith, chercheur en énergie et environnement.

"Mais la thermodynamique indique que la capture dans l'air serait à peine un petit peu plus difficile à réaliser que la capture du CO2 des centrales électriques. Nous sommes en train de transformer cette théorie en réalité pratique."

Cette recherche est présentée comme essentielle, car elle représente la seule façon de capter le CO2 là où il est émis de façon diffuse, par les transports notamment. Les voitures et avions représentent en effet la moitié des émissions de gaz à effet de serre émis sur Terre.

"Le réchauffement climatique est trop important pour être résolu facilement avec les outils dont nous disposons", note Keith. "Bien qu'il soit important de commencer à appliquer ce que nous savons faire, comme les énergies éolienne ou nucléaire, ou la capture et le stockage de carbone de manière 'conventionnelle', il est également vital de commencer à penser à des idées et des approches radicalement nouvelles" explique pour sa part David Layzell, Directeur exécutif du centre de recherche ISEEE.

La capture du CO2 de l'air, soutenue par la province de l'Alberta et le gouvernement fédéral canadien, est différente du captage et stockage du carbone (CCS). Le CCS implique l'installation d'équipements là où est émis le CO2, dans une centrale au charbon par exemple, et son transfert vers un lieu de stockage souterrain.

La capture dans l'air est, elle, susceptible de capter le CO2 n'importe où dans le monde.

"Une entreprise pourrait, en principe, établir un contrat avec une usine de sables bitumineux près de Fort Murray pour éliminer le CO2 de l'air, et construire son usine d'épuration de l'air là où elle serait le moins cher, en Chine par exemple, pour retirer la même quantité de dioxyde de carbone [que celle émise par les activités de l'usine]" illustre Keith.

Avec son équipe, il a montré qu'il était possible de capter le gaz à effet de serre avec moins de 100 kWh d'électricité par tonne de dioxyde de carbone. La tour de captage est capable de capturer l'équivalent de 20 tonnes de CO2 par mètre carré de matériaux d'épuration, ce qui représente le niveau moyen des émissions annuelles d'une personne en Amérique du Nord.

"Cela signifie que si vous utilisez l'électricité d'une centrale électrique au charbon, pour chaque unité d'électricité que vous avez utilisé pour faire fonctionner la machine de capture, vous pouvez capturer peut-être 10 fois plus de CO2 que la centrale n'en a émis pour produire cette énergie."

L'équipe de chercheurs a mis au point son procédé à partir d'un processus chimique provenant de l'industrie des pâtes à papier, et a déposé deux brevets provisoires.

La technologie en est encore à ses débuts, nuance Keith et des coûts supplémentaires pourraient encore intervenir, de même que de nombreux obstacles. Néanmoins, des essais réalisés cet été ont ouvert la voie à une première usine commerciale. Les chercheurs ont surtout en vue le prix de 25 millions de dollars promis par le milliardaire Richard Branson à ceux qui sauront concevoir une système capable de capturer annuellement au moins un milliard de tonnes de dioxyde de carbone directement dans l'atmosphère.

Sources : enerzine.com

Davantage de détails ont été présentés au MIT en septembre. Le dossier est disponible en PDF sur le site de l'université de Calgary
Mots clés : actualite, meteo
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